Qui est l’Instructeur des Mondes?

En 2011 cette question «Qui est l’Instructeur des Mondes?» n’intéresse plus grand monde, quoi que…

Mais au début du XXème siècle elle intéressait vivement, en premier chef, au contraire, différents grands esprits, réels ou supposés… C’est une fiévreuse et fervente attente qui s’était, sur Terre, emparée de dizaines de milliers d’êtres humains. Tout de même, ce sont souvent des milliers d’années ou davantage qui s’écoulent avant qu’un grand Instructeur ne vienne ou revienne sur la Terre!

La raison d'être du présent travail est d'essayer de re-trouver, autant que possible, le "Plan de la Lumière" à travers tous les événements terrestres. La Lumière (la Divinité et Ses Serviteurs dans les Plans Supérieurs de la Réalité) a-t-elle voulu l'Avènement d'un grand Instructeur de l'Humanité déjà au XXème siècle? Si oui, quels furent  les premiers signes de Sa Manifestation sur Terre? En quoi les êtres humains spécialement appelés pour cela y ont-ils contribué ou, au contraire, s'y sont-ils opposés? Que s'est-il réellement passé? Qu'aurait-il dû se passer? Que  se passera-t-il encore?

Pour comprendre l’essentiel de l’histoire il convient déjà de remonter à la fin du XIXème siècle.

Helena Petrovna Blavatsky - 1877 - New York

En 1875, année de naissance d’une Personnalité dont il sera question plus loin, Helena Petrovna Blavatsky, fonde, à New York, la Société Théosophique [«Théosophie» signifie, en grec, «Sagesse Divine»], dont le siège central se trouve à Adyar, en Inde. Le nom des éditions Adyar vient probablement de là….

La place suffisante n'existe pas ici (puisque le sujet principal de la présente contribution est l'Instructeur des Mondes!) pour raconter en détail l'incroyable vie aventureuse d'Helena Blavatsky, mais le lecteur curieux pourra trouver de fort instructives pages lui étant consacrées - et l'on ne s'ennuie pas à les lire! - à partir des liens ci-dessous:

http://www.moryason.com/fr/05_theosophie/5-2-1-1-theosophie.htm

http://www.moryason.com/fr/05_theosophie/5-2-1-2-theosophie.htm

http://www.moryason.com/fr/05_theosophie/5-2-1-3-theosophie.htmhttp://www.moryason.com/fr/05_theosophie/5-2-1-3-theosophie.htm

Quelle impression produisait Helena Petrovna Blavatsky?

Voici le récit de sa rencontre de Helena Blavatsky par William Quan Judge (dont il sera question plus loin)

«Ce fut son regard qui m'attira, celui d'une personne que j'avais dû connaître dans de lointaines vies passées. Elle m'observa comme si elle me reconnaissait à cette première heure, et jamais depuis ce regard n'a changé. Ce n'était pas comme un esprit plein de questions philosophiques que je m'étais présenté à elle, ni comme un égaré cherchant dans les ténèbres des lumières qu'avaient obscurcies Écoles et théories fantaisistes, mais comme un pèlerin qui, après avoir parcouru pendant bien des périodes les voies de l'existence, était en quête des amis qui pourraient lui montrer où avaient été cachés les plans de l'œuvre. Et, fidèle à l'appel, elle répondit en révélant ces plans une fois de plus: sans un mot d'explication, elle se contenta de les désigner à mon attention - et elle se remit à la tâche. C'était comme si nous nous étions séparés la veille, en laissant pourtant inachevé quelque détail d'un ouvrage entrepris dans un but commun. Se trouvaient alors réunis maître et disciple, frère aîné et cadet, tous deux tendus vers un même objectif - mais elle, riche du pouvoir et de la connaissance qui n'appartiennent qu'aux lions et aux sages. Ainsi, avec cette amitié de la première heure, je me sentis en sécurité.»

Les raisons d'être officiellement déclarées de la Société Théosophique sont:

1° «Former un noyau de la Fraternité universelle de l'humanité sans distinction de race, credo, sexe ou couleur;»

2° «Encourager l'étude comparée des religions, des philosophies et des sciences;»

3° «Étudier les lois inexpliquées de la Nature et les pouvoirs latents dans l'homme.»

En outre, elle repose aussi essentiellement sur le rapprochement entre l’Orient et l’Occident jugé crucial par les  «Mahatmas», soit les Maîtres occultes de Helena P. Blavatsky (cf. «Lettres des Mahatmas»).

Que sont les Mahatmas? Selon Wikipédia, l’encyclopédie libre sur Internet:

« Le mot "Mahātmā" a été popularisé chez les théosophes quand sa fondatrice Helena Petrovna Blavatsky, nota, dès 1851, que ses enseignants étaient des adeptes ou Mahatmas qui résidaient au Tibet ou à Shambala et formaient une Grande Loge Blanche, une Fraternité Universelle. Selon Jacques Lantier, "H.P.B. [Helena Petrovna Blavatsky] croyait en l'existence de 'Mahatmas' ou "grandes âmes", c'est-à-dire de personnages ayant acquis des pouvoirs surnaturels grâce à leur élévation intellectuelle et morale. Leur hiérarchie irait du Seigneur du Monde jusqu'aux adeptes et aux simples initiés.

Selon elle, Platon, Moïse, saint Paul étaient des théosophes initiés. Quelques adeptes secrets demeurent proches de la terre; ils forment une fraternité occulte, dite la Grande Fraternité Blanche. Helena Blavatsky, Olcott et Annie Besant ont cité,parmi ces grands êtres:

[1] Le Maître M (Morya)  "Chef du 1er Rayon, assistant et successeur de Manu". Il tient à sa merci le pouvoir de la force. Il vit au Tibet et a contribué à la fondation de la Société Théosophique. [2] Le Maître K. H. (Kout Houmi) [Koot Hoomi]. "Chef du 2° Rayon, représentant le Seigneur Maitreya ou Seigneur du monde". Sa note dominante est la sagesse. Il a été le grand philosophe Pythagore. Son corps a l'aspect d'un brahmine du Kashmir. Il vit au Tibet. [III] Le Maître Vénitien. Chef du 3° Rayon. L'astrologie est en liaison avec ce rayon. Il fut autrefois Plotin. [IV] Le Maître Sérapis. Chef du 4° Rayon. Sa note dominante est l'harmonie et la beauté. [V] Le Maître Hilarion. Chef du 5° Rayon, grand maître de la science. Il a inspiré La voix du silence à H.P.B. Il a été Jamblique. [VI] Le Maître Djual Khool. Il appartient au second Rayon, il était l'élève du Maître K. H. [VII] Le Maître Prince Rakoczi. Chef du 7° Rayon, chargé du cérémonial magique. Il surveille la politique de l'Europe et de l'Amérique du Nord. Son corps est hongrois. Il a été autrefois le comte de Saint-Germain. Annie Besant l'a rencontré, en 1895, au cours d'un voyage à Londres."3 En juin 1884 le peintre d'art Hermann Schmiechen a fait un portrait idéalisé des Maîtres de sagesse d'HPB. Les Mahātma auraient transmis des lettres, en particulier à Sinnett, mais certains théosophistes, dont Annie Besant en 1894, estiment que ces lettres ont été rédigées par William Quan Judge, un compagnon de recherche de HPB. En 1850, Madame Blavatsky rencontre à Londres celui qu'elle n'avait connu que dans des visions - un Indien rajpoute, qu'elle désignera comme son "Maître", ou le Maître Morya. À ce moment, il faisait partie de la suite du Premier Ministre du Népal en ambassade à Londres. Il laisse entrevoir à la jeune femme la mission qui l'attendait.»

Il faut donc être déjà passablement initié pour s’y retrouver. Toujours est-il que - que les Mahatmas existent ou non - l'essor est alors donné à un ré-investissement de la croyance en Maitreya par les Hindous, lesquels étaient alors, en ce qui concerne leur vaste culture religieuse et philosophique et leurs valeurs propres, passablement meurtris dans leur fierté nationale et même brimés par l’administration britannique les ayant, en quelque sorte, placés sous tutelle. Pour nombre d’entre eux, cela devenait évident : Le grand Instructeur «Maitreya» va re-venir!

à ce moment-là, la bibliothèque d'Adyar va, en quelques décennies, rassembler – et ainsi sauvegardé - un nombre considérable de manuscrits et d'ouvrages, disséminés et qui auraient autrement risqué d'être définitivement perdus. Les indianistes, les sanskritistes, les pandits hindous, les érudits brahmanes, collaborent à restaurer et sauver des textes aujourd'hui considérés comme de très grande importance ... dont un grand nombre d'Upanishads, sous des versions différentes, y compris les  variantes et les commentaires.

Au mois de Mai 1891, Helena Petrovna Blavatsky, la fondatrice de la Société Théosophique, décède.

Toutefois, chose très importante, deux ans avant sa mort, donc en l’année en 1989, Helena P. Blavatsky aurait verbalement confié au groupe intérieur de la «S.T.», que le but réel de la Société et du travail de rapprochement Orient-Occident était de préparer l'humanité à recevoir le nouveau Sauveur, ou plutôt “l'Instructeur du Monde”; quant aux écrits de Mme Blavatsky, auteur extrêmement prolixe, ils ne mentionnent pourtant qu'une seule fois une idée analogue, mais de manière assez floue et pressentie pour ne devoir seulement se concrétiser que dans une centaine d'années de là (Blavatsky Collected Writings, Volume XII, page 492 ). Ce n’était donc pas pour tout de suite!


Annie Besant

Pourtant, à la mort de la fondatrice, Annie Besant, secondée par le clairvoyant Charles Webster Leadbeater, va reprendre les rênes de la S.T. et alors ressortir des cartons théosophes ce thème de préparation à la Venue du Messie et  ensemble ils vont en faire un thème majeur de leur œuvre, ainsi que l'axe fondamental de leur mission à la Société Théosophique.

Charles Webster Leadbeater

Selon Wikepedia, Leadbeater était un prêtre anglican qui rejoignit la Société théosophique en 1883. L'année suivante, il rencontra Helena Petrovna Blavatsky quand elle se rendit à Londres. À cette époque, il était le destinataire de quelques lettres des «Maîtres de Sagesse» qui l'incitèrent à se rendre en Inde. Une fois arrivé, il affirma avoir reçu des visites et un entraînement de la part de quelques uns des Maîtres de Helena Blavatsky. Ce fut le point de départ d'une longue carrière au sein de la Société Théosophique.

Il reste connu et influent pour ses travaux qu'il affirmait réalisés par clairvoyance tels que ses ouvrages Les Chakras et L'Homme, visible et invisible traitant de l'aura humaine et des chakras, ou bien en écrivant la fonction des Sacrements pour l'Eglise Catholique Libérale, parmi d'autres sujets qu'il a traités.

Arrivés à ce point du récit des événements, la question se pose de savoir si ce pressentiment de la Venue d’un nouveau grand Instructeur Cosmique est juste une fantaisie, une lubie ou même une stratégie ou bien, au contraire, correspond à une tout à fait effective Réalité, réellement inspirée à ces êtres humains de l’époque depuis les Plans Supérieurs de la Réalité.

En dehors des Théosophes (Grande Loge Blanche, Fraternité Blanche Universelle, Ordre de l’étoile d’Orient), des Anthroposophes, qui d’autre a parlé de l’Instructeur des Mondes? Le thème n’est pas très répandu et reste historiquement tout d’abord lié aux Théosophes.

Annie Besant

Cinq ans après la mort de Helena Petrovna Blavatsky, Annie Besant déclare, en effet, en public, que le Moment est venu de préparer la Venue du Nouvel Instructeur. L’on est donc en 1896 - le Personnage né en 1875 a alors 21 ans -, et le XXème siècle n’est pas encore commencé.

Coïncidence inouïe, Charles Leadbeater n'allait pas tarder à découvrir - et en plus dans son entourage! - celui que non seulement lui mais toute la Société Théosophique allait bientôt considérer comme étant, sans aucun doute, le nouvel Instructeur des Mondes! «Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais pas déjà trouvé!»

En 1909, en effet, il trouve ce qu’il appelle le «véhicule» (comprendre par là l’âme et le corps terrestre) idéal du Grand Instructeur en la personne du fils d'un modeste employé de la Société Théosophique, à Adyar: Jiddu Krishnamurti!

Jiddu Krishnamurti jeune

Il n’a donc pas eu à le chercher loin: pour lui, l’Instructeur des Mondes potentiel est là, sur la plage privée de la S.T., tout à côté!

Seconde coïncidence - et qui donne à réfléchir au sujet d’un éventuel opportunisme de sa part -, la Société Théosophique venait de subir son premier schisme, juste l'année précédant l'annonce officielle de la Venue présentée comme imminente du Nouvel Instructeur!

En effet, l'un des compagnons de la première heure d'Helena Blavatsky, William Quan Judge, préfére alors rester fidèle à l'esprit de la Doctrine Secrète (titre de l’œuvre principale de Helena Petrovna Blavatsky), d’un genre plus métaphysique et complètement ésotérique; il est probable que le genre occultiste pratique de Leadbeater devait quelque peu le heurter dans sa sensibilité propre et que les visées expansionnistes d'Annie Besant, dont le travail s'orientait de plus en plus vers l'instauration d'une nouvelle Religion Universelle, devaient lui sembler un détournement de l'occultisme pratique, jusque là proposé par Helena Blavatsky, à des fins trop personnelles; il dénonça là un subtil dérapage dans “la voie de la main gauche” et décida, en 1895, de se séparer de la branche orientale d'Adyar, pour retourner à la section-mère, la branche occidentale américaine, fondée vingt ans plus tôt, en 1875, à New York par la dite Helena Petrovna Blavatsky, Olcott et lui-même, William Quan Judge.

William Quan Judge

Ce qui ne pouvait qu’aggraver et entériner le schisme, Judge avait été accusé par Olcott et Annie Besant d’aller, pour soutenir ses thèses, jusqu’à forger de fausses lettres des Mahatmas (les instructeurs occultes qui, depuis l’Au-delà, modelaient - ou étaient censés le faire - les devenirs de la Société Théosophique), cependant que, sous l'égide de Leadbeater et d’Annie Besant, l'esprit et les activités de la Société d'Adyar prenaient, avec cette recherche de l’Instructeur du Monde, une tournure résolument novatrice, frisant même le sensationnel!

Henry Steel Olcott

Il est sans doute aussi important de savoir que, déjà, en 1906, à Chicago, Charles Leadbeater – qui avait donc cette «tendance» en lui - avait “découvert” le futur Instructeur Mondial en la personne d'un jeune garçon de 11 ans, nommé Hubert van Hook, lequel, malheureusement - et ce qui fait désordre! -, l'aurait, par la suite, accusé de … pédérastie!

Seconde fâcheuse coïncidence du même genre, précédemment dans la même année, une autre plainte analogue avait déjà été portée par un autre adolescent, de 14 ans cette fois, qui accompagnait Leadbeater dans ses tournées de conférences aux États-Unis.

Si ce n’était arrivé qu’une fois, l’on pourrait penser que Leadbater est victime d’un complot visant à le discréditer, mais avec une deuxième plainte ayant le même objet la question devient pesante…

En fait, Leadbater, selon une information disponible sur l’encyclopédie en ligne Wikipédia, aurait été un adepte et un promoteur de la «masturbation libératrice», ce qui, aux yeux de beaucoup, s’accorde plutôt mal avec la recherche sérieuse et la découverte de l’authentique Instructeur des Mondes!

à ce sujet, sur la page de Wikipedia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Webster_Leadbeater il est notamment possible de lire ceci:

«À un moment de sa vie, Leadbeater fut accusé de pédérastie mais ne fut jamais l'objet d'une instruction judiciaire ou amené au tribunal, alors qu'il aurait existé un ensemble de faits qui suggèrent qu'il aurait abusé sexuellement certains de ses étudiants aux États-Unis, en Inde et en Australie. Peter Michel, dans la biographie qu'il a réalisée de Charles W. Leadbeater, écrit que ces accusations demeurent malgré tout suspectes dans la mesure où elles venaient de ceux qui pouvaient être considérés comme ses ennemis: Alexander Fullerton, Herbert Burrows, G.R.S. Mead, Hubert van Hook, Katherine Tingley et Hilda Martyn. Il a été dit, à l'époque, que Fullerton, par exemple, avait écrit une fausse lettre attribuée à Leadbeater et s'adressant à un jeune garçon en signant «Des milliers de baisers, mon chéri».

«Deux faits demeurent cependant incontestables, qui ont peut-être été mis en relation par ses détracteurs et ses ennemis de l'époque. Il est vrai qu'avant 1906, il recommanda la pratique de la masturbation comme prophylaxie dans certains cas, à de jeunes garçons (plutôt que de les envoyer dans les maisons closes, comme c'était admis à l'époque). Mais il s'agissait d'idées (assez révolutionnaires pour l'époque et néanmoins reconnues aujourd'hui) que Charles Leadbeater avait déjà avant de rejoindre la Société Théosophique et alors qu'il était déjà un membre de l'Église.»

Quoi qu’il en soit, Leadbeater, sous la pression du scandale, est alors contraint de démissionner. Quelques mois plus tard, en Février 1907, Olcott décède à son tour, et Annie Besant accède - non sans avoir dû pour cela surmonter diverses querelles politiques internes - à la présidence de la Société Théosophique.

Grâce à l’appui de celle-ci, un an après, à la fin de 1908, son purgatoire étant expiré, Charles W. Leadbeater est autorisé à réintégrer la Société, et il va, dès lors, aussi s'installer à Adyar, en Inde, pour y seconder Annie Besant dans sa lourde tâche de devoir préparer le Monde à la prochaine arrivée de son Instructeur.

En avril 1909, le même Leadbeater, qui semble avoir pour cela une vocation spécifique (rappelons qu’il est clairvoyant), “découvre”, sur la petite plage privée du domaine d'Adyar, le jeune Jiddu Krishnamurti, alors âgé de 13 ans, et le “voit” comme “le véhicule parfait pour accueillir la descente du nouvel Instructeur, Maitreya”.

Jiddu Krishnamurti

L’activité la plus illustre de Leadbater est donc la découverte de Jiddu Krishnamurti (1895-1986), sur la plage privée qui constituait une partie du centre international de la Théosophie à Adyar, en Inde. Krishnamurti et sa famille vivaient dans le centre international depuis quelques mois avant leur découverte. Il était, affirmèrent alors les Théosophes, le «véhicule pour la venue de l'Instructeur du Monde» que de nombreux Théosophes attendaient. Ce nouvel Instructeur, dans la lignée, selon eux – quand même, excusez du peu! -, de Moïse, Bouddha, Zarathoustra, le Christ ou Mahomet, était supposé divulguer une nouvelle Révélation, un nouvel Enseignement religieux.

L’on peut ci s’étonner de voir placés sur le même plan, par exemple, Moïse et le Christ, car Moïse, pas plus, du reste, que Bouddha, Zoroastre et Mohammed, n’a jamais affirmé, comme le Christ, être le Fils de Dieu.

Les Théosophes croyaient, en fait, que l'Instructeur serait une entité spirituelle qui serait venu «adombrer» [= investir de sa présence] le corps de Jiddu Krishnamurti.

C’est donc la deuxième fois que Leadbater, par ailleurs, à deux reprises, accusé de pédérastie, découvre le nouvel Instructeur des Mondes! Mais, au fait, qu’est devenu le premier, l’Américain?

Ce jeune homme - Hubert van Hook - avait lui-même était appelé à venir avec sa mère en Inde pour y être intronisé comme Instructeur du Monde [«World Teacher»]. Il serait même venu avec elle sur place et tous deux auraient même quelque temps séjourné à Adyar (selon la biographie de Krishnamurti rédigée par Marie Lutyens).

Mais Leadbeater ayant, entre temps, reconnu Krishnamurti comme l’Instructeur attendu, se retrouve ainsi avec deux Instructeurs des Mondes pour une seule place à pouvoir (!); il reconnaît donc son erreur antérieure et décide que seul Krishnamurti est l’Envoyé que le Monde attend.

Quant à la découverte de ce nouvel «Instructeur des Mondes» - soit Krishnamurti -, cela s’est passé ainsi:

En 1909, Jiddu Krishnamurti n'a que 13 ou 14 ans lorsque, accompagné de son frère Nityananda, il croisa C.W. Leadbeater sur une plage privée dépendant du siège de la Société Théosophique, où était employé son père, à Adyar, un quartier de Chennai.

Leadbeater prétendit avoir décelé chez le jeune garçon une aura exceptionnelle. Leadbeater qui disait pouvoir explorer les vies antérieures des personnes qu'ils connaissaient aurait découvert que la destinée de Krishnamurti était d'être sur terre le véhicule de l’«Instructeur du Monde», le «Lord Maitreya» que les théosophes attendaient. Cet «Instructeur» est alors décrit comme une figure messianique combinant divers aspects du Christ, du Maitreya bouddhiste, et des avatars hindous.

Krishnamurti considéra cette période d'éducation à la société théosophique comme salutaire, y compris sur le plan de sa santé. Il déclara que sans sa rencontre avec Leadbeater, il n'aurait pas survécu.

Donc, vers 1904, alors que Krishnamurti et son plus jeune frère Nityananda jouaient sur une plage, l’un des chefs de la Société Théosophique de Adyar - Charles Leadbeater - les remarque et les présente à Madame Annie Besant, présidente de la Société. Annie Besant, frappée par les qualités des deux enfants, devint leur tutrice et dirigea leur éducation. Elle voudra même les adopter comme étant leur mère spirituelle.

L'enfant Jiddu, ainsi, du reste, que son inséparable frère Nitya, vont, dès lors, être intensivement éduqués pour son futur rôle d'Instructeur de l'humanité; chose étonnante en considération du fait que ce jeune garçon a encore un père (sa mère est décédée depuis trois ans), une mise sous tutelle accordera officiellement tous les droits légaux à Leadbeater et à Annie Besant. Mais, avant cela, le père des enfants, employé local de la Société Théosophique, qui avait accepté l’aide de la Société Théosophique dont il avait grand besoin et qui, apparemment, n’appréciait pas qu’on lui prenne ainsi son fils pour un dessein qui devait au moins partiellement lui échapper, avait, en 1912, - profitant en cela de l'aubaine fournie par l'affaire de mœurs dont Leadbeater avait été accusé - porté plainte pour infraction de leur part vis-à-vis de la loi sur l’autorité parentale.

Le contexte de la plainte était le suivant:

Afin de le préparer à son destin, Jiddu Krishnamurti avait commencé à étudier auprès de Leadbeater et d'Annie Besant qui, à cette époque, dirigeaient la Société théosophique. Pour le «protéger», il fut alors appelé «Alcyone». Il fut demandé le plus grand secret aux théosophes connaissant son existence et son identité.

D'autre part, Annie Besant était devenue une nouvelle mère pour lui, au point qu'elle obtint du père la garde légale de Jiddu Krishnamurti et de son frère Nitya. Mais, en 1913, elle perdit la garde suite à une décision de justice. En effet, le père avait essayé de récupérer la garde de ses enfants, en utilisant le scandale Leadbeater de 1906-1907.

Après avoir perdu en appel, Annie Besant devait rendre les garçons à leur père. Toutefois, ils étaient alors avec elle en Grande-Bretagne et elle refusa de les renvoyer en Inde. Un ultime appel fut déposé auprès du Privy Council, lequel décida, pour finir, de laisser Krishnamurti et son frère décider. Mais, ils ne furent pas consultés. Il fut considéré que le fait de ne pas retourner en Inde exprimait leur volonté de rester en Grande-Bretagne, et donc avec Annie Besant. De la même manière, il fut considéré que le père ne faisant pas appel de la décision du Privy Council pouvait signifier qu'il l'acceptait. La «victoire» d'Annie Besant pour la garde de Krishnamurti et son frère était donc toute "technique".

C’est ainsi que, vers 1910, les deux frères, devenus très proches l’un de l’autre, aussi de par le fait – ce qui est facile à comprendre - qu’ils s’étaient retrouvés séparés de leurs parents - d’abord de leur mère puis de leur père - et donc orphelins, furent envoyés et séjournèrent à Londres, où ils poursuivirent leurs humanités.

A noter que, au cours de son éducation, en l'année 1910, Krishnamurti passa deux jours et deux nuits dans les appartements d'Annie Besant, enfermé seul avec Leadbeater pour son «initiation». Il serait alors remonté dans ses vies antérieures (il en fit le récit dans son ouvrage The Lives of Alcyone, publié à l'Automne 1910) et aurait finalement été accepté par les mahatmas de la Théosophie.

En 1911, Annie Besant emmena donc Krishnamurti et son jeune frère à Londres, où il rencontra Emily Lutyens, fille de l'ancien Vice-roi des Indes, Robert Lytton et épouse de l'architecte Edwin Lutyens. Ce dernier fut envoyé à Delhi comme architecte officiel en 1912. Emily Lutyens, sur qui Krishnamurti avait fait forte impression, se convertit à la théosophie afin de passer le plus de temps possible aux côtés de lui. Elle apporta aussi un important soutien financier à l'éducation du jeune homme, le sien et celui de deux amies, l'Américaine Mary Dodge et la comtesse britannique Muriel de la Warr.

Les deux frères passèrent toute la première Guerre mondiale en Grande-Bretagne, se déplaçant de résidence en résidence et passant leur temps à étudier et à s'occidentaliser. L'idée était à terme de réussir à les faire entrer à Oxford. Cependant, le caractère «rêveur» et le manque d'attention de Krishnamurti finit par faire renoncer leur mère adoptive, restée en Inde et engagée dans la lutte pour l'indépendance, à cet espoir. Elle en vint même, un temps, à douter qu'il était vraiment l'«Instructeur» attendu.

à la même époque, les chefs de la Société Théosophique fondèrent pourtant  «L’Ordre de l’Etoile d’Orient», dont le but était de regrouper les spiritualistes du monde entier attendant la venue d’un grand Instructeur. Krishnamurti, alors âgé de seulement 15 ans, n’en est pas moins déclaré comme étant Chef de l’Ordre. L’organe de liaison est un journal, qui devient - plus brièvement - «Le Journal de l’étoile» (le raccourcissement du nom témoigne du fait que, pour eux, l’Instructeur est maintenant trouvé!), qui va désormais transmettre des conseils aux milliers de membres, dispersés dans les différents pays du monde.


Le Journal de l'Etoile expose la raison d’être de l’Ordre:

«Cet ordre a été fondé pour unir ceux qui - qu'ils soient ou non membres de la S. T. - croient à la venue prochaine d'un grand Instructeur spirituel, qui viendra aider l'humanité.

L’on espère que ses membres pourront, sur le plan physique, faire quelque chose pour préparer l'opinion publique à cette venue, pour créer une atmosphère de sympathie et de révérence, et qu'ils pourront, sur les plans supérieurs, s'unir afin de former un instrument dont Il pourra se servir.

L'Ordre fut fondé à Bénarès [Lieu de l’Illumination du Bouddha], le 11/01/{19]11, et est aujourd'hui rendu public.

Dans chaque pays sont désignés des Administrateurs consistant en un Représentant national, l'Administrateur chef du pays, et un ou plusieurs Secrétaires.

Pour être admis dans cet ordre, il suffit de faire la déclaration suivante:

DÉCLARATION

1. Nous croyons qu'un Grand Instructeur fera prochainement son apparition dans le monde, et nous voulons faire en sorte de régler notre vie pour être digne de Le reconnaître lorsqu'il viendra.

2. Nous essaierons donc de l'avoir toujours présent à l'esprit, et de faire en Son nom, et par conséquent le mieux que nous le pourrons, tout travail qui fera partie de nos occupations journalières.

3. Autant que nos devoirs habituels nous le permettront, nous nous efforcerons de consacrer chaque jour, une partie de notre temps à quelque travail défini qui puisse servir à préparer Sa venue.

4. Nous nous efforcerons de faire du dévouement de la persévérance et de la douceur les caractéristiques dominantes de notre vie journalière.

5. Nous nous efforcerons de commencer et de terminer chaque journée par une courte sentence destinée à Lui demander Sa bénédiction sur tout ce que nous essayons de faire pour Lui et en Son nom.

6. Nous essaierons, le considérant comme notre principal devoir, de reconnaître et de vénérer la Grandeur sans distinction de personne et de coopérer, autant que possible, avec ceux que nous sentons être spirituellement nos supérieurs.

Il est possible de lire quelques numéros de la revue sur ces pages:

http://nous-les-dieux.org/index.php?title=Sp%C3%A9cial:EmbedWindow&target=PDF%3A04+Bulletin+10-1927.pdf

http://nous-les-dieux.org/index.php?title=Sp%C3%A9cial:EmbedWindow&target=PDF%3A05+Bulletin+12-1926.pdf

http://nous-les-dieux.org/index.php?title=Sp%C3%A9cial:EmbedWindow&target=PDF%3A04+Bulletin+10-1923.pdf

C’est aussi à la même époque que Krishnamurti écrit son premier livre, dont l’élaboration n’est pas strictement personnelle, puisque c’est à la suite de l’enseignement oral délivré par son maître qu’il écrira le petit recueil «Aux Pieds du Maître».

Annie Besant précise, dans une courte préface (voir plus loin), que ces pages constituent la «première offrande au monde» de Krishnamurti. C’est dans ce petit livre que nous pouvons lire cette phrase qui, à elle seule, résume son, enseignement futur:

«La superstition est l’un des plus grands fléaux du monde, l’une des entraves dont il faut absolument se libérer.» 

Rappelons qu’elle est écrite par un jeune garçon de quatorze ans. Annonçant le futur éducateur, il écrit aussi: 

«Celui qui a oublié son enfance et perdu toute sympathie pour les enfants ne pourra les instruire et les aider». 

C’est également à la même époque, donc très jeune, que Krishnamurti commence à parler en public, et ses conférences deviennent très vite de plus en plus nombreuses. L’organe de liaison de «L’Ordre de l’Etoile» relatera la plupart d’entre elles. 

En 1911, âgé de 16 ans, Krishnamurti écrit un second petit livre, «Le Service dans l’Education» dont l’élaboration est, cette fois, personnelle. Il se trouve alors à Londres, les approches de la grande guerre créent une atmosphère de plus en plustendueet Krishnamurti, conscient au plus haut point de la responsabilité individuelle de tout être, écrit dans ce recueil :

«Un crime ne cesse pas d’être un crime parce qu’il est commis par beaucoup de gens». 

Les paroles de Krishnamurti ne furent, toutefois, pas celles qu’attendaient ses tuteurs. 

Alors que les chefs de la Société Théosophique voyaient en lui le futur Instructeur, capable de regrouper les différents courants spirituels du monde et leurs adhérents dans un grand courant commun, Krishnamurti se révèle bientôt comme un «révolté». Il précisera plus tard les raisons de cette révolte permanente dans le recueil «La vie libérée»: 

«Je me suis révolté contre tout, contre les autorités des autres, contre l’enseignement des autres, contre la connaissance des autres, ne voulant rien accepter pour vrai jusqu’à ce que j’eusse trouvé moi-même la vérité. Je ne m’opposais jamais aux idées des autres, mais ne voulais pas accepter leur autorité et leur théorie de la vie… Petit garçon, j’étais déjà dans un état de révolte. Rien ne me satisfaisait. J’écoutais, j’observais, je cherchais quelque chose au-delà de la maya des mots.»

Tel sera, en bref, le constant état d’esprit de Krishnamurti tout au long de ses années de jeunesse: il ne «s’oppose» pas aux idées des autres, ni à l’éducation reçue, mais il «n’accepte» rien et, intérieurement, il remet tout en question. Parallèlement aux enseignements reçus et aux différentes lectures, le progrès intérieur consistera en un affranchissement de plus en plus fort, nous pouvons dire que plus l’instruction extérieure se fera vaste, et plus elle l’incitera à l’affranchissement intérieur. Krishnamurti, voyant en effet avec lucidité les méfaits de la croyance aveugle s’en libère et découvre par lui-même. Très observateur, il perçoit les erreurs de ceux qui l’entourent et les souffrances qui en découlent. Son éducation fut variée et étendue, mais, ne se bornant pas à apprendre, il pourra déclarer, plus tard, ne rien savoir des livres religieux et philosophiques. 

En 1911 - donc, en cette année 2011, il y a juste un siècle -, à Bénarès (ou encore Varanasi, lieu historique de la Révélation du Bouddha) - et même plus précisément le 11/01/11 -, la Société Théosophique fonde l'Ordre de l'Étoile d’Orient, afin de préparer les esprits au - ce qui n’est pas rien! - proche Avènement du nouvel Instructeur des Mondes.

L’appellation «Ordre de l’étoile d’Orient» semble déjà (intentionnellement?) être en rapport avec cette Parole de Jésus, dans l’évangile:

« Si donc l’on vous dit: "Le voilà dans le désert", ne vous y rendez pas. "Le voici dans les lieux retirés", n'allez pas le croire. En effet comme l'Éclair part du Levant et brille jusqu'au Couchant, ainsi en sera-t-il de l'Avènement du Fils de l'Homme.»  (Matthieu XXIV: 26-27)

Cela peut aussi être ainsi compris: Comme l'Éclair provenant de l'Est et se faisant remarquer jusqu'à l'Ouest, le Promis devrait Se manifester, en provenance d’un pays oriental (possiblement dans une Incarnation antérieure), en Se faisant connaître dans un pays occidental.

C'est pourtant Jiddu Krishnamurti, lui-même, alors un adolescent indien de seulement 15 ans, qui est alors officiellement désigné pour être le Chef de l’Ordre de l’étoile d’Orient - ou plutôt la figure centrale -, encadré en cela par des théosophes d'expérience, qui, notamment à l’aide du Bulletin de l’Ordre, préparent, à la fois, le moule dans lequel le futur Instructeur va devoir s’insérer, et les consciences des milliers de théosophes de par le monde qui, en tant que tels, adhèrent à la croyance dans le proche Avènement de l’Instructeur des Mondes et attendent avec ferveur sa Manifestation.


Rudolf Steiner

Mais voilà que, en 1913, il se produit un nouveau important schisme: Rudolf Steiner, secrétaire général, depuis 1902, de la section Allemagne-Autriche de la Société Internationale de Théosophie, qui suivait librement sa propre voie et adhérait davantage aux traditions occidentales qu'à l'influence hindoue, avait déjà eu divers différends et conflits avec les dirigeants internationaux, notamment des controverses philosophiques sur la signification de la Personne du Christ. Il contestait l'évolution de la Société d'Adyar, mais aussi et surtout l'imminence de la Venue de Maitreya comme Instructeur de l’Humanité et l'identité du jeune Krishnamurti-Alcyone-Maitreya.

Il rompt alors les liens avec la Société Théosophique, axée sur la Sagesse Divine, et fonde la Société Anthroposophique, axée sur la sagesse humaine, de nos jours toujours existante et active, notamment connue par les écoles Waldorf, l’Agriculture Bio-Dynamique, les produits de soins Weleda & Demeter, la société financière NEF, etc.

Au sujet de l'Anthroposophie Rudolf Steiner la présente ainsi:

"L’anthroposophie doit être caractérisée en disant: place-toi au milieu, entre dieu et nature, laisse en toi parler l’homme à propos de ce qui est au dessus de toi et à propos de ce qui d’en bas monte vers toi, tu as alors l’anthroposophie, la sagesse que l’homme exprime."

Rudolf Steiner jugeait apparemment l'orientation des Théosophes trop orientaliste à son goût, il rompit à cause de Krishnamurti-Alcyone, que les Théosophes voulaient présenter comme une Incarnation divine. Pour Steiner, l'Incarnation du Christ dans un corps humain est un événement unique dans l'histoire de l'humanité.

Il fonde alors l'Anthroposophie, qui, au début, se confond avec la "Communauté des Chrétiens", une association qui, à la même époque, veut renouveler le Christianisme.  Steiner voit dans le Christ une Incarnation unique de la Divinité, rendue nécessaire par le cours de l'évolution. Pour Steiner, un retour du Christ dans une incarnation humaine est impossible. 

Lorsque l’on sait que nombre d’anthroposophes de l’époque - et peut-être encore de maintenant - considèrent ou ont considéré que c’est Rudolf Steiner lui-même qui serait sinon le Christ (selon lui, chose impossible!) du moins l’Instructeur de Mondes, cela éclaire d’un certain jour le retrait de Rudolf Steiner de la Société Théosophique et peut-être aussi le fait qu’il était lui-même peu chaud à reconnaître le nouvel Instructeur en Jiddhu Krishnamurti. Probablement Rudolf Steiner fait-il la différence entre le Christ et le nouvel Instructeur du Monde. Rien ne dit qu’il croyait être le Christ, mais, assurément, nombre de ses adhérents le considéraient comme l’Instructeur. Pourtant, Rudolf Steiner est décédé très tôt, en 1925, à l’âge de seulement 64 ans, et dans des circonstances assez particulière. Un auteur allemand se plaçant dans la mouvance du Docteur Ryke Geerd Hamer, découvreur et promoteur de la Médecine Nouvelle Germanique, a, d’ailleur, écrit un livre pour expliquer la maladie et la mort de Rudolf Steiner, à la lumière de la Médecine Nouvelle.

À ce sujet, une interpellante question, posée en 1929, dans une publication allemande paraissant à l’époque, la revue «L’Appel»:

«Croyez-vous, en outre, que Steiner aurait déjà dû quitter la Terre, avant la grande et dure époque, s'il était "Celui" que ses adhérents aimeraient volontiers présenter comme tel?»

Nous reviendrons à Rudolf Steiner et à l’Anthroposophie un peu plus loin… Mais, pour l’instant, retour en 1910.

En 1910, Jiddhu Krishnamurti, âgé de 16 ans, publie - sous la houlette de ses deux mentors - une plaquette intitulée «Aux pieds du Maître», qu'il signe Alcyone, corroborant ainsi la clairvoyance de Leadbeater, qui avait “retrouvé” par voyance pas moins de trente vies précédentes du prodige qui allait instaurer une nouvelle religion mondiale!

Annie Besant, la "mère adoptive"
d'Alcyone, le présumé Instructeur Mondial

Comme préface à cette plaquette Annie Besant écrivit:

«Le privilège m'est accordé, comme à une sœur aînée, d'écrire quelques mots d'introduction à ce petit livre, premier ouvrage d'un frère plus jeune..., jeune en vérité par son corps mais non par son âme.

Les enseignements qui s'y trouvent lui furent donnés par son Maître, lorsqu'il le préparait pour l'Initiation, et furent écrits ensuite de mémoire, lentement et péniblement, car son anglais était beaucoup moins courant l'an dernier qu'il ne l'est à présent (en 1911).

La plus grande partie de cet ouvrage est une reproduction des propres paroles du Maître; ce qui n'est pas reproduction verbale est encore la pensée du Maître revêtue des paroles de l'élève. Deux phrases omises ont été rétablies par le Maître. Dans deux autres cas un mot oublié a été ajouté. À  part cela, cette œuvre est entièrement d'Alcyone, sa première offrande au monde.

Puisse-t-elle aider les autres, comme l'aida lui-même l'enseignement oral. C'est avec cet espoir qu'il nous le donne. Mais cet enseignement ne peut être fructueux que s'il est vécu, comme lui-même l'a vécu depuis qu'il l'a reçu de la bouche du Maître. Si l'exemple est suivi aussi bien que les préceptes, alors, pour le lecteur, comme il en a été pour l'auteur, le portail de l'Initiation s'ouvrira tout grand et il fera ses premiers pas sur le Sentier.»

Voici un extrait de «Aux pieds du Maître»:

«Dans le monde entier il n'y a que deux sortes de gens: ceux qui ont la Connaissance et ceux qui ne l'ont pas, et cette connaissance seule importe.

La religion d'un homme, Sa race à laquelle il appartient, ce sont là des choses sans importance; ce qui importe réellement c'est cette connaissance, la connaissance du plan de Dieu relatif aux hommes. Car Dieu a un plan, et ce plan c'est l'évolution. Sitôt que l'homme a compris ce plan, et qu'il le connaît vraiment, il ne peut plus que collaborer à sa réalisation, et s'identifier avec lui, telle est sa gloire et sa beauté. Ainsi, parce qu'il a la connaissance, il est du côté de Dieu, fermement voué au bien et résistant au mal, travaillant pour l'évolution et non pour son propre intérêt.

Si cet homme est du côté de Dieu, il est des nôtres, et il importe peu qu'il se dise hindou, bouddhiste, chrétien ou mahométan, ou qu'il soit Indien, Anglais, Chinois ou Russe. Ceux qui sont avec Dieu savent pourquoi ils s'y trouvent, ils savent ce qu'ils ont à faire, et ils essayent de l'accomplir. Tous les autres ignorent encore ce qu'ils devraient faire; aussi agissent-ils souvent en insensés et cherchent-ils, pour eux-mêmes, des voies qu'ils croient devoir leur être agréables, ne comprenant pas que tous sont Un et que, par conséquent, seul ce que désire l'Unique, peut vraiment être agréable à tous. Ils poursuivent l'illusoire au lieu du réel et, tant qu'ils n'ont pas appris à distinguer ces deux choses, ils ne sont pas du côté de Dieu. Et c'est ainsi que le discernement est le premier pas à faire. Cependant, même quand le choix est fait, il faut te souvenir qu'il y a bien des variétés dans le réel et dans l'illusoire et qu'il faut encore savoir distinguer le bien du mal, ce qui est important de ce qui ne l'est pas, ce qui est utile de ce qui est inutile, ce qui est vrai de ce qui est faux, ce qui est égoïste de ce qui est désintéressé.

Il ne devrait pas être difficile de choisir entre le bien et le mal, car ceux qui veulent suivre le Maître sont déjà décidés à se rallier au bien, à tout prix. Mais l'homme et son corps sont deux, et la volonté de l'homme n'est pas toujours en accord avec les désirs du corps. Lorsque ton corps désire quelque chose, arrête-toi et réfléchis; est-ce réellement toi qui as ce désir?»

Ce que l’on vient de lire dans le passage ci-dessus pourrait être compatible avec la Transcendance de Dieu mais, par contre, assurément pas, dans le même ouvrage, ce qui suit:

«Car tu es Dieu et tu ne veux que ce que Dieu veut; mais il faut que tu descendes au plus profond de toi-même pour trouver Dieu en toi et que tu écoutes Sa voix qui est ta voix.»

(…) «Apprends à discerner le Dieu qui est dans tous les êtres et dans toutes les choses, quelque mauvais qu'ils soient ou paraissent être. »

(…) «Dis-toi: «Ce que l'homme a fait, l'homme peut le faire. Je suis un homme, mais je suis aussi le Dieu qui est dans l'homme; je puis faire telle chose et je veux la faire»».

Cette affirmation de la «divinité humaine» en caressait certainement plus d’un dans le sens du poil, mais, déjà à la même époque, tous n’étaient pas du même avis, car la volonté de vouloir élever l’homme au même rang que Dieu – à moins que cela ne soit de rabaisser Dieu au niveau de l’humain! – était, pour d'autres, au contraire, une assertion extrêmement choquante.

Par exemple, sous la plume d’un certain Lucien Siffrid, dans une publication allemande appelée «Der Menschensohn» et parue en 1929, il est possible de lire ceci:

«à présent, laissons parler les Nombres. La «Thésosophie» vivre dans le Nombre 891. En fonction de cela, elle vibre dans le Nombre le plus élevé (…). Avec quelle ironie (…) est fustigée ici la connaissance la plus élevée de la Théosophie (…) Il devrait bientôt venir à la conscience de la direction de la Société Théosophique qu’elle ne peut progresser qu’en surmontant cette tension par une direction spirituelle, pour laquelle elle porte en en elle tout ce qui est spirituellement nécessaire.

Ainsi abandonnons donc cette ravissante prétentieuse. Nous ne portons rien de Divin en nous, nous ne sommes rien de plus que des créatures. Remplaçons tranquillement le Divin par le Spirituel! Et si nous nous portons jusqu’au Spirituel nous pourrons déjà être contents.»

D’un autre point de vue, en vertu du fait que les lois d’un pays peuvent, comme souvent, être injustes, une autre phrase de Alcyone, toujours dans «Aux pieds du Maître», comme celle ci-dessous reproduite, peut, à un autre égard, aussi surprendre:

«Si tu vois quelqu'un contrevenir aux lois du pays, tu dois en informer les autorités.»

Il vaut pourtant mieux "obéir à Dieu qu’aux hommes"; alors, dans le cas où quelqu’un contrevient à des lois humaines contraires à la Volonté Divine, cela peut sembler discutable que de le trahir en le dénonçant aux autorités terrestres.

De 1911 à 1914, Krishnamurti et son frère Nitya visitent de nombreux pays, tandis que l'éducation  intensive se poursuit.

En 1915, Leadbeater change de cap, au grand soulagement d'Annie Besant, qui, entre temps, avait pris ses distances d'avec lui. Il décide de définitivement s'installer en Australie, où il pense être appelé en mission, jouera un rôle important dans l’église catholique réformée locale, et décèdera en 1934.

En 1918, les voyages des deux adolescents reprennent. Un séjour à Ojai, en Californie, bouleverse Krishnamurti: il y voit la révélation de sa première expérience spirituelle authentique. L’on est alors en 1922.

Le processus a commencé, qui durera en fait toute sa vie. Voir la biographie en 3 tomes de Mary Lutyens: «Le processus commence», page 191 et suivantes, «Krishnamurti, Les Années de l'éveil», Mary Lutyens, Éditions Arista. Personne, à ce jour, n'a pu élucider la nature réelle de ce processus, étrangement douloureux, dont aucun équivalent n'est connu parmi les mystiques et les enseignants spirituels.

À la faveur de cet éveil spirituel, selon ses biographes, Krishnamurti naît à sa nature authentique, qui, irréversiblement, l'éloigne de la Société Théosophique et de son attente messianique.

Il lui faudra sept ans de murissement et de luttes intérieurs, pour franchir le pas et passer réellement “sur l'autre rive”.

«Chacun de nous essaie de devenir de plus en plus surhumain, parce que la surhumanité est loin de l'humanité. Mais il est plus grand d'être des humains vivant et se réalisant jusqu'à la perfection, que d'être surhumain...». «Tous les Grands Instructeurs ne viennent pas établir des religions, mais libérer des Religions.»  - Jiddu Krishnamurti -

Pourtant, le 11 août, en l'absence de Krishnamurti, tandis que le deuxième Camp de l'Étoile se tenait à Ommen, dans le vaste domaine d'Eerde, Mme Besant commença par s'exprimer en ces termes qui stupéfièrent les campeurs et enflammèrent leur foi mystique:

«Notre réunion, ce matin, présente avec un caractère spécial qui n'a pas été prévu au moment où le programme a été rédigé, cette différence qu'il n'y aura pas de discussion... Cette réunion, vous ai-je dit, n'était pas prévue... Et maintenant, par ordre du Roi (le Roi du Monde), j'ai à vous communiquer son message et aussi quelques messages de N. S. Maitreya (le Christ) et de ses Frères puissants (les Maîtres)... Ce qui est ici proclamé par moi, l'est donc par ordre du Roi que je sers... etc..»


Et elle annonça que le Grand Instructeur allait enfin se manifester, qu'il avait définitivement élu Krishnamurti comme véhicule et même choisi ses douze apôtres. Elle donna même les noms de sept d'entre eux, parmi lesquels se trouvaient, bien sûr, le sien et ceux de NN. SS. Leadbeater, Wedgwood et Arundale, tous trois évêques de l'E. C. L., ce dernier depuis quelques jours seulement.

Pour éclairer la personnalité d'Annie Besant, un passage extrait du livre de Ludowic Réhaut ci-dessous mentionné:

"Toute sa vie, Mme Besant n'a cessé de répéter publiquement:

«Ne croyez pas ce que je dis parce que je le dis, mais seulement si cela vous semble croyable».

Ce conseil essentiellement théosophique ne devait être suivi, et en partie seulement, qu'un peu plus tard. Pour l'instant, le plus grand nombre des membres de l'O. E. O. et de la S. T. avaient pour cette femme étonnante, qu'ils croyaient arrivée au seuil de la divinité, un amour tel, qu'il aveuglait véritablement leur raison et leur foi.

Toute parole tombée de sa bouche était, pour eux, de vérité. Ces formes religieuses, ce rituel, ce cérémonial les déroutaient bien un peu; mais, du moment que Mme Besant disait que c'était bien, il n'y avait qu'à étouffer sa raison et à croire, en attendant la suite qui apporterait sans doute les éclaircissements nécessaires."

Enfin, le 28 décembre 1925, à Adyar (Indes), au cours du Congrès du Jubilé du Cinquantenaire de la S. T., l'événement attendu depuis quatorze ans, parut se produire. Krishnamurti parlait sous le grand banyan du Quartier Général. Il évoquait la haute figure du Bouddha et enseignait que nous devons, tous, un jour, devenir semblables à lui:

«... Si vous voulez voir le Maître face à face, vous devez avoir la détermination d'être nobles dans toutes les petites choses de la vie comme dans toutes les grandes actions... Mais par dessus tout, votre but, votre dessein, votre résolution doivent être de devenir les véritables disciples du Grand Être.
« Nous l'attendons tous, Lui qui est l'exemple, qui est la personnification de toute noblesse, et II sera bientôt avec nous, et II est avec nous... Il vient...»


Il prononça encore quelques phrases commençant par ces mots: «Il vient...», puis il termina de la manière suivante:

«Il ne vient que pour ceux qui sont dans le besoin, qui aspirent, qui languissent, et... (ici il s'interrompit une seconde et continua en parlant, à la première personne)... Je viens pour ceux qui ont besoin de sympathie, qui veulent le bonheur; pour ceux qui soupirent après la délivrance et qui aspirent à trouver le bonheur en toutes choses. Je viens pour réformer et non pour renverser. Je viens, non pour détruire, mais pour édifier».

La substitution soudaine du "je" au "il" est évidemment tout à fait interpellante et sera, bien sûr, différemment interprétée selon les lecteurs et les points de vue...

C'est encore au camp annuel d'Eerde, aux Pays-Bas, que, deux ans plus tard, au moment de la Convention d'Août 1927, Krishnamurti, en complète rupture avec ce que l’on attendait de lui, entame son nouvel enseignement.

Allocution de Jiddu KRISHNAMURTI du 1er Août 1927:

«Lorsque j'étais petit garçon, j'avais l'habitude de voir Shri Krishna et sa flûte, tel qu'il est décrit par les Hindous, car ma mère était une adepte de Shri Krishna... En grandissant, j'ai rencontré l'évêque Leadbeater et la Société Thésosophique, et j'ai commencé à voir le Maître K.H., là encore sous la forme qui m'était présentée, la réalité qu'eux préconisaient; et donc le Maître K.H. fut pour moi une finalité. Plus tard, ayant acquis plus de maturité, j'ai commencé à voir le Seigneur Maitreya. C'était il y a deux ans, et je Le voyais toujours sous la forme qui m'était présentée... Récemment, j'ai vu le Bouddha et ce fut une joie et une gloire pour moi d'être avec Lui. On m'a demandé ce que j'entendais par “le Bien-Aimé”. Je vais vous en donner une signification et une explication que vous interpréterez comme vous l'entendrez. Pour moi, Il est tout — Il est Shri Krishna, le Maître K.H., le Seigneur Maitreya, le Bouddha — et pourtant Il est au-delà de toutes ces formes.

Qu'importe le nom que vous lui donnez...

Ce qui vous préoccupe est de savoir s'il existe quelqu'un qui soit l'Instructeur du Monde, qui S'est manifesté par l'intermédiaire du corps d'une personne précise, Krishnamurti. Mais dans le monde, nul ne se soucie de se poser une telle question.

Vous comprendrez donc mon point de vue quand je vous parle de mon Bien-Aimé. Il est bien dommage que je doive vous en fournir une explication, mais c'est nécessaire. Je voudrais le faire de manière aussi vague que possible, et j'espère y être arrivé. Mon Bien-Aimé, c'est le ciel infini, la fleur, chaque être humain... Tant que je n'ai pu le dire avec certitude, sans le moindre émoi déplacé, sans la moindre exagération destinée à convaincre les autres: «Je fais un avec mon Bien-aimé», je n'en ai jamais parlé. J'ai dit de vagues généralités, comme tout le monde le désirait.

Je n'ai jamais dit: «Je suis l'Instructeur du Monde», mais à présent que je me sens un avec mon Bien-Aimé, je le dis, non pour imposer mon autorité, non pour vous convaincre de ma grandeur ni de la grandeur de l'Instructeur du Monde, ni même de la beauté de la vie, mais simplement pour éveiller le désir, dans votre cœur et dans votre âme, de chercher la Vérité.

Si je dis - et je tiens à le dire - que je suis un avec le Bien-Aimé, c'est que je le ressens et que je le sais. J'ai trouvé ce à quoi j'ai aspiré; je suis uni à Lui de telle sorte que, désormais, nous ne serons plus jamais séparés, car mes pensées, mes désirs, mes vœux - ceux du moi individuel - sont tous détruits... Je suis comme la fleur qui donne son parfum à l'air matinal. Peu importe celui qui passe...

Jusqu'à présent, vous avez été sous l'autorité des deux protecteurs de l'Ordre (Mme Annie Besant et Leadbeater) et vous attendez que quelqu'un d'autre vous dise la Vérité alors que la Vérité est en vous. Dans votre propre cœur, dans votre expérience personnelle, vous trouverez la Vérité, voilà la seule chose qui compte...

Mon but n'est pas de susciter des discussions sur l'autorité, sur les manifestations à travers la personnalité de Krishnamurti, mais de vous offrir les eaux qui vous laveront de vos chagrins, de vos tyrannies mesquines, de vos limitations, qui vous rendront libres, qui vous permettront finalement de vous fondre dans cet océan où n'existe aucune limite, où vous trouverez le Bien-Aimé... Le verre dans lequel vous buvez de l'eau importe-t-il vraiment si cette eau parvient à étancher votre soif?...

J'ai été uni à mon Bien-Aimé et mon Bien-Aimé et moi nous promènerons ensemble tout autour de la Terre... Il est vain de me demander qui est le Bien-Aimé. À quoi bon l'expliquer? Car vous ne comprendrez pas le Bien-Aimé tant que vous ne L'aurez pas vu en chaque animal, en chaque brin d'herbe, en chaque être qui souffre, en chaque individu.»

Donc, à un moment donné, sans le dire tout à fait clairement, Krishnamurti a quand même donné à entendre qu'il était l'Instructeur des Mondes, sans vraiment le confirmer ni, non plus, clairement le contredire ensuite.

Cela n'empêche pas qu'en 1934 sera publié un livre sous ce titre:

L'instructeur du monde,
KRISHNAMURTI

Auteur: Ludovic Réhault
Aux Éditions:Tables d'Harmonie (1934).

L'auteur, de surcroît, déclare:

«JE NE SUIS PAS POUR KRISHNAMURTI ;
JE SUIS AVEC KRISHNAMURTI,
CE QUI N'EST PAS DU TOUT LA MÊME CHOSE.»
Ludowic Réhault

L’on en conviendra, tout en soulignant à juste titre la nécessaire responsabilité de l’être humain vis-à-vis de ses croyances et de ses pratiques, une partie du discours du 1er Août 1927 conserve un caractère énigmatique, pour ne pas dire ésotérique: Notamment, le refus de dire précisément qui est le «Bien-Aimé», définition certes poétique mais tout de même bien vague, pour ne pas dire confuse.

C’est seulement deux ans plus tard, durant l’été 1929, au camp d'Ommen, que Jiddu Krishnamurti prononce un mémorable discours, dans lequel, à l’inverse du précédent discours de 1927, il déclare ne pas être le «Messie» attendu. Devant 30 000 Théosophes il prononce, en outre, la dissolution de l’«Ordre de l'Etoile d'Orient» (devenu, entre temps, l’«Ordre de l’étoile»), fondé autour de sa personne en tant que "Maitreya, le nouveau Christ" par Charles Leadbeater et Annie Besant, dirigeants de la Société Théosophique à Adyar, et qui devait promouvoir son action d'«Envoyé» à l'échelle mondiale.

Il n’en continue pas moins d’enseigner, et, désormais, l'enseignement, donné aux deux camps d'été annuels, sera libre, accessible à quiconque veut l'écouter.

LA DISSOLUTION DE L'ORDRE DE L'ÉTOILE, UNE DÉCLARATION DE J. KRISHNAMURTI

Extrait du livre «Krishnamurti et l'unité humaine»:

Carlo SUARÈS, Editions Adyar – Paris, 1962

 «Ce matin, nous allons discuter la dissolution de l'Ordre de l'Étoile. Beaucoup vont être contents, d'autres en seront affligés. Mais il ne s’agit pas ici de joie ni de tristesse, puisque cette dissolution est inévitable, comme je vais vous le démontrer.

La vérité est un pays sans chemins, que l'on ne peut atteindre par aucune route, quelle qu'elle soit: aucune religion, aucune secte. Tel est mon point de vue: et je le maintiens d'une façon absolue et inconditionnelle. La vérité, étant illimitée, inconditionnée, inapprochable par quelque sentier que ce soit, ne peut pas être organisée. On ne devrait donc pas créer d'organisations qui incitent les hommes à suivre un chemin particulier. Si vous comprenez bien cela dès le début, vous verrez à quel point il est impossible d'organiser une croyance. Une croyance est une question purement individuelle, et vous ne pouvez ni ne devez l'organiser.»

«Qui apporte la vérité?»

Une brève biographie de Krishnamurti: http://krishnamurti.fr.gd/Biographie.htm

Les implications d'une révolte inouïe, sans précédent:     http://miroir.urobore.net/index.php/L-affaire-krishnamurti

Extrait:

«Jiddu Krishnamurti naquit en Inde en 1895. Huitième enfant d'une famille brahmine de dix enfants, il est nommé ainsi en souvenir de Krishna, huitème avatar de Vishnou dans la religion hindouiste. Sa mère mourra lorsqu'il eut atteint 10 ans. Son père, après la mort de sa femme et son entrée en retraite, demande à Annie Besant, qui dirige la Société Théosophique dont il est membre, de l'aider à nourrir sa famille. Le père, Krishnamurti et les autres enfants s'installent donc ainsi à Adyar (en Inde), lieu où la Société Théosophique lui offre un poste d'assistant au secrétariat. Un beau jour, encore enfant, Charles W. Leadbeater, clairvoyant et haut dignitaire de la Société Théosophique, voit en le jeune Krishnamurti une aura rayonnante et une absence totale d'égoïsme. Convaincu de voir en lui le futur "Instructeur du Monde", la Société Théosophique met en place un ordre spécifique (L'Ordre de l'Etoile d'Orient) afin de préparer l'enfant à l'enseignement spirituel et lui permettre d'être adombré par le Christ / Maitreya. Dans le cadre de cet ordre, l'enfant connaît une forte acculturation de culture britannique et devient véritablement entouré par des disciples théosophes de plus en plus nombreux. Recevant des enseignements par le biais du Maître Khout Houmi, et si l'enfant révèle une acuité extraordinaire pour la perception de la connaissance de l'être, un incident se produit. En effet, Krishnamurti répudie avec fermeté cette image messianique, et prononce en grand fracas, en 1929, la dissolution de l'organisation qui s'était constituée autour de lui. Il déclara alors que la vérité était "un pays sans chemin", dont l'accès ne passait par aucune religion, aucune philosophie ni aucune secte établies. Par la suite, le rayonnement de Krishnamurti fut mondial et sa philosophie, une sorte de nihilisme fondé sur la non-dualité, connaîtra un développement incroyable jusque dans les années 1980. Krishnamurti meurt en 1985. 

La question se pose: que s'est-il passé? Est-ce que Charles W. Leadbeater s'est trompé dans la perception de l'aura de Krishnamurti? A-t-il été victime d'une illusion mentale? Est-ce que Krishnamurti n'était qu'un disciple parmi d'autres avec une acuité intellectuelle notable? Ou bien est-ce Krishnamurti qui a fait le choix de refuser la mission qui lui avait été confiée? Ou bien est-ce Krishnamurti qui a chuté après avoir passé une initiation? Toutes sortes d'interprétations ont été faites de ces événements. Des plus ésotériques aux plus scabreuses, dignes des tabloïds britanniques d'aujourd'hui... {Du fait} de cette situation, la Société Théosophique connut une véritable claque: scissions, désaffection de nombreux disciples, "purge interne" des membres pour tenter de sauver les meubles, attaques vis-à-vis de Charles W. Leadbeater... Bref, le cataclysme dans la sphère théosophique est à la mesure de l'incompréhension totale...»

Biographie en 3 tomes - Mary Luytens: Krishnamurti - Les Années de l'éveil, Les Années d'Accomplissement, La Porte ouverte. Éditions Arista, 1999.

La dissolution de l’Ordre de l’étoile et le refus d’avoir des disciples. 

à la lumière de sa propre existence, Krishnamurti secoue alors la torpeur de ceux qui les fait adhérer à des croyances et suivre des guides. Il sait que l’erreur consiste à accepter au lieu de comprendre, il sait qu’«il est beaucoup plus facile de suivre aveuglément que de comprendre et de devenir ainsi vraiment libre». Alors couronnant tout cela, il déclare à ses adorateurs:

«Je ne veux pas de spectateurs, je ne veux pas de disciples, je ne veux ni louanges ni admiration d’aucune sorte… je veux être le compagnon, non le maître.» 

Et, lorsque, le 3 août 1929, à Ommen, il dissout l’«Ordre de l’Etoile», créé autour de lui en 1911 à Bénarès, c’est pour éviter la formation d’une secte supplémentaire, et donner à chacun l’entière responsabilité de sa vie. L’«Ordre de l’Etoile» risquait, en effet, de dévitaliser l’enseignement de Krishnamurti. Trop de gens n’adoraient que sa propre personne et risquaient de créer en eux un esclavage supplémentaire. Les journaux l’appelaient déjà le «Messie des Théosophes», et c’est après avoir lucidement constaté ces faits qu’il déclara: 

«La vérité est un pays sans chemin … étant illimité, inconditionnée, inapprochable par quelque sentier que ce soit, elle ne peut être organisée», et il dissout l’organisation créée autour de lui, puis restitue les biens qui lui avaient été donnés. 

Si, en dissolvant «L’Ordre de l’Etoile», il refusa d’avoir des disciples parmi les Théosophes en particulier, c’est parce que, d’une manière générale, il refusait tout disciple. Il est bien évident que l’influence que put avoir la Société Théosophique sur Krishnamurti ne fut pas négligeable, mais, comme nous venons de le voir, ni son pays d’origine, ni sa religion d’origine, ni la Société Théosophique, ni l’éducation reçue, ni ses lecture, ni ses voyages ne purent lui imposer une forme de pensée particulière. Et c’est peut-être en dépassant les systèmes et les structures particulières qu’il atteignit, pour lui déjà, la liberté. 

La formation spirituelle de Krishnamurti est donc terminée. Depuis lors, son enseignement n’a plus subi aucun revirement, aucune cassure. Les années qui se sont écoulées, avec leurs événements et leurs changements n’ont pu faire varier la réalité dont il parle, car - dit-il - cette réalité est en dehors du temps et des circonstances.

Alors, si Krishnamurti, bien qu’il se déclare «Un avec le Bien-Aimé» (le Bien-Aimé pouvant aussi être, comme il le dit, «le ciel infini, la fleur, une fleur, chaque être humain...»!), n’est pas l’Instructeur des Mondes attendu, si Rudolf Steiner ne l’est pas, non plus, alors qui est donc l’Instructeur des Mondes tant espéré?

Pour tenter de le découvrir, et s’il est vrai que cette attente était fondée sur une réalité effective et non sur une illusion née de désirs personnels, sans doute faut-il chercher ailleurs, en particulier à la même époque, l’Instructeur Cosmique. Mais qui d’autre s’exprime encore, à cette époque, au sujet de l’Instructeur des Mondes? En entamant une recherche à ce sujet, incontournablement, un nom surgit: Abdruschin!

Abdruschin

Abdruschin est, encore aujourd’hui, en 2011, - terrestrement parlant - nettement moins connu de la plupart des gens s’intéressant aux questions spirituelles que Jiddu Krishnamurti ou Rudolf Steiner. Pourtant, sur le thème de l’Instructeur des Mondes l’examen des ses paroles à cet égard est incontournable.

En effectuant une recherche à son sujet l’on s’aperçoit que Abdruschin est connu comme auteur allemand, qui, en 1926, a publié la première édition de son œuvre «Dans la Lumière de la Vérité» en tant que «Nouveau Message du Graal».

A ce que l'on peut en voir à l'examen de son message, c'est un enseignement complet offrant un vaste panorama sur de nombreuses questions spirituelles et qui consacre un exposé entier à la question de l'Instructeur des Mondes. 

étant absorbé dans la rédaction de son œuvre propre, de lui-même Abdruschin ne s’intéresse pas spécialement à Krishnamurti et aux tentatives des Théosophes de présenter celui-ci comme l’Instructeur Cosmique attendu, puisqu’il n’en parle pas lui-même dans son Message proprement dit, mais les nombreuses questions qui lui parviennent, à ce sujet, l’«obligent», toutefois, au moins par l’intermédiaire d’un porte-parole, à prendre position en répondant à des questions du genre de celle ci-dessous reproduite (question posée dans sa publication alors existante intitulée «Gralsblätter», soit, en français, «Les Feuilles du Graal»):

QUESTION: Dans de nombreuses publications de journaux les Théosophes attirent l'attention sur l'Indien Krischnamurti, comme étant le Grand Envoyé attendu. Que disent les Feuilles du Graal à ce sujet?

RéPONSE: «Rien! à ce sujet, en provenance de différents pays, de nombreuses questions sont déjà arrivées. Mais nous refusons, par principe, de prendre part à une réunion quelconque au sujet de cette question, ou même seulement d'exprimer une opinion là-dessus. Nous nous tenons fort loin du Mouvement en question. Celui qui vient de la Vérité et cherche sérieusement, reconnaîtra aussi lorsque la Vérité lui parlera!»

La phrase «Nous nous tenons fort loin du Mouvement en question» - bien que n’étant pas forcément précisément de lui (l’on ne sait pas exactement qui est le «nous») interpelle. Elle semble vouloir dire qu’il y a - outre le fait que la Vérité fondamentale réside ailleurs - dans l’enseignement des Théosophes et/ou celui de Krishnamurti, quelque chose de fondamental qui ne va pas dans le sens présenté juste par Abdruschin.

De quoi pourrait-il bien s'agir? Rappelons-nous l’extrait cité plus haut de Lucien Siffrid :

«Nous ne portons rien de Divin en nous, nous ne sommes rien de plus que des créatures. Remplaçons tranquillement le Divin par le Spirituel ! Et si nous nous portons jusqu’au Spirituel nous pourrons déjà être contents.»

Se pourrait-il qu’une telle affirmation soit conforme à l’enseignement de Abdruschin? Une recherche dans son œuvre nous permet de répondre par l’affirmative. Par exemple, au début d'un exposé intitulé «Créature être humain» Abdruschin écrit :

«Toujours à nouveau naissent de nouvelles vagues d'indignation, qui étendent leurs cercles au-dessus des états et des pays, provoquées par ma déclaration que l'humanité ne porte rien de divin en elle. Cela montre combien profondément la présomption, dans les âmes humaines, a pris racine et combien peu volontiers elles veulent s'en séparer, même si leur ressenti se dresse, avertissant déjà, ça et là, et leur fait reconnaître qu'il doit, pourtant, {bien}, en définitive, en être ainsi.

Le hérissement, cependant, à la chose, ne change rien. Les esprits humains sont même encore plus petits, encore plus minuscules, qu'ils ne se l'imaginent, même lorsqu'ils seront, déjà, intérieurement, parvenus de haute lutte à la conviction que tout divin en eux fait défaut.»

Nous avons donc ici probablement touché la pierre d’achoppement: D’un côté, avec les Théosophes et Krishnamurti, les êtres humains qui veulent se croire divins, de l’autre ceux qui se reconnaissent simplement comme de modestes créatures spirituelles, certes créées par Dieu à Son Image mais sans pour autant posséder quoi que ce soit de Divin en elles.

Quant à la phrase: «Celui qui vient de la Vérité et cherche sérieusement, reconnaîtra aussi lorsque la Vérité lui parlera!», elle a un sens limpide: L’esprit humain provient d’un plan sur lequel la Vérité est vivante; il possède, de ce fait, s’il ne l’a pas ensevelie, la faculté naturelle de pouvoir reconnaître la Vérité. Par conséquent, il est absolument impossible que celui qui cherche la Vérité - et, en particulier, ici, la Vérité au sujet de l’Instructeur des Mondes - ne puisse pas la trouver dès lors où sa quête est sincère et sérieuse. Vaut ici à plein la Parole de Jésus:

«Cherchez et vous trouverez, demandez et il vous sera donné, frappez et l’on vous ouvrira!»

Plus tard, dans les réponses données par Abdruschin aux questions à lui posées, malgré la réponse plutôt laconique déjà donnée, une nouvelle question re-surgit pourtant sur le même sujet:

QUESTION: Krishnamurti est présenté avec de grands efforts comme l'Instructeur Cosmique. Est-il le Fils de l'Homme? Ou Celui-ci est-Il seulement encore à naître? Pourquoi Abdruschin garde-t-il un {si} persistant silence précisément sur ce point, alors que celui-ci est, pourtant, dans tous les pays, à présent promu avec de riches moyens, par de longues dissertations dans les journaux, par des conférences, et même par le cinéma? Abdruschin ne veut-il pas, aux nombreux êtres humains qui ont accueilli sa Parole avec conviction, donner, à cet égard aussi, une indication sur le juste Chemin {à suivre}? Son silence doit-il être {interprété comme} un acquiescement? Que dit-il des si surprenants efforts des Théosophes en faveur de Krishnamurti?

Et voici sa réponse:

«Rien! Le proche avenir apportera de lui-même la réponse; car il n'y aura qu'un {seul} "Instructeur des Mondes", {et} ce n'est, cependant, pas Krishnamurti!»

Par cette parole de réponse, quoique encore plus laconique, parfaitement nette et précise  nous apprenons donc trois choses:

Selon Abdruschin:

1) La Réponse à la question va être donnée d’elle-même, donc par des faits incontestables aux yeux de beaucoup si ce n’est de tous, dans un «proche avenir». L’expression «proche avenir», à géométrie variable, ne permet pas de déterminer s’il s’agit de jours, de semaines, de mois d’années ou de décennies, mais une chose est sûre, il ne peut s’agir de siècles.

2) Il ne peut y avoir deux Instructeurs des Mondes ou davantage; il n’y en a qu’un! Cela semblera logique à beaucoup.

3) La réponse proprement dite à la question qui soucie tout le monde: Krishnamurti n’est pas l’Instructeur des Mondes des Mondes {tant} attendu.

Abdruschin répond donc avec autorité et de manière tranchée. Mais la question posée fait apparaître une nouvelle probablement importante notion «Le Fils de l’Homme»! Il semble que, déjà pour le questionneur, il soit évident que l’Instructeur des Mondes et le Fils de l’Homme soient une seule et même Personne. Et il demande, tout de go, si, oui ou non, Krishnamurti est non seulement l’Instructeur Cosmique mais aussi et surtout le Fils de l’Homme.

Abdruschin ne répond pas précisément à cette question. Il se limite à dire que Krishnamurti n’est pas l’Instructeur des Mondes; de cela il semble suffisamment logiquement découler qu’il ne peut pas, non plus, être le Fils de l’Homme.

Les Théosophes parlent de l’Instructeur du Monde et non du Fils de l’Homme. C’est Jésus Lui-même qui a annoncé la Venue du Fils de l’Homme: «Lorsque le Fils de l’Homme viendra…»; mais il ne semble pas évident que les Théosophes aient, quant à eux, fait un lien entre ces deux Notions.

Jésus à la Synagogue

Au sujet du Fils de l’Homme, pourtant, dans la même réponse, Abdruschin poursuit:

«Non seulement le Fils de l'Homme est déjà né, mais il est, depuis longtemps déjà, au milieu des êtres humains, ainsi que maint annonciateur religieux l'a déjà justement pressenti.»

«(…) Attendez donc vous aussi, patiemment, jusqu'à ce que le Temps soit accompli.»

Là on apprend un «scoop»! à l’époque où Abdruschin s’exprime, le Fils de l’Homme serait déjà né et Il se tient au milieu des êtres humains! L’on suppose donc que cela se passe sur Terre! Maint annonciateur religieux l’a déjà justement pressenti; cela veut dire que plusieurs en ont déjà parlé. Mais ces réponses soulèvent elles-mêmes beaucoup de nouvelles questions… En effet, ce qui est là, c’était dans les années trente, et, depuis, en temps terrestre (vu d’En-Haut, cela peut, certes, apparaître différemment), il y a de l’eau qui a coulé sous les ponts. Si l’Instructeur des Mondes était déjà né dans les années vingt et trente, s’il était encore sur Terre, il ne pourrait plus être un jeune homme mais serait, au contraire, déjà un vieillard…??? Comment se ferait-il que sa présence sur Terre pendant toutes ses années soit demeurée inconnue de la masse?

A l’époque, ceux qui, après la scission survenue en Allemagne, au lieu des Théosophes et de Krishnamurti, ont suivi Rudolf Steiner et l’Anthroposophie, se demandent si la Vérité ne serait pas plutôt à rechercher de ce côté-là. C’est dans ce contexte qu’un lecteur de la publication «L’Appel», dont il a déjà été plus haut question, questionne Abdruschin, de sorte qu’un éclairage au sujet de l’Anthroposoiphie est aussi donné par une réponse de Abdruschin:

QUESTION: L'anthroposophie suit-elle le bon chemin? Beaucoup d'entre eux veulent contester le Message du Graal [Note: C’est le sous-titre de l’œuvre de Abdruschin].

RéPONSE: «Les adhérents de chaque secte sont convaincus de sa justesse et notamment de leur propre sagesse. Ils ne le lisent et n'entendent le reste que dans le cadre de cette conviction unilatérale, ils ne cherchent donc plus et c'est pourquoi ils ne peuvent, non plus, rien trouver. Ils sont devenus, de ce fait, aveugles et sourds. Même la vérité la plus claire, ils ne la considéreraient que comme de la hargne délibérée, et la rejetteraient, aussitôt qu'elle ne concorderait pas avec leur propre sagesse.»

Le jugement peut ici sembler sévère, car bien que la réponse soit d’ordre général, le questionneur a questionné au sujet de l’Anthroposophie, ce qui laisse à penser qu’elle est là, elle aussi, parmi d'autres, désignée comme une secte.

Abdruschin est aussi questionné au sujet de sa formation. A-t-il lu des ouvrages théosophiques ou anthroposophiques?

Abdruschin - 1924

Quelle formation Abdruschin a-t-il eue?

"De quel groupement suis-je issu et de quelle formation ai-je bénéficié? D'où est-ce que je tire ce que j'exprime dans mes Exposés?

Ces questions ont fusé vers moi, à la suite de mes Exposés. Je veux aussi y répondre ici, encore une fois, avec la même brièveté.

Je ne suis issu d'aucun groupe et n'ai bénéficié d'aucune formation, n'ai pas étudié et ne me suis acquis de connaissances nulle part. Je n'ai lu aucun ouvrage bouddhiste, ni théosophique ni anthroposophique non plus, ou un quelconque autre ouvrage, mais je refuse tous les livres de ce genre, aussitôt qu'ils me sont offerts. Ou alors, je les accepte, mais je ne les lis pas.

Ce que je dis dans mes Exposés, je le dis, avec conviction, à partir de moi-même. Et si des similitudes peuvent être trouvées dans des différentes religions, je n'ai assurément pas pour autant puisé dedans. Mais je me réjouis alors, si quelque chose d'identique de même que des similitudes peuvent y être constatés. -

Pour toutes ces raisons, je demande, oui, toujours, que l'on veuille bien examiner les paroles, mais que l'on ne fasse pas attention à l'orateur! Celui qui veut alors me suivre, celui-là est un chercheur réellement sérieux, qui sait penser par lui-même. Quant aux autres êtres humains, qui se sentent obligés de tenir compte des personnes au lieu de la Cause, ceux qui ne peuvent donc pas demeurer objectifs, ils n'ont, pour une sérieuse Aspiration en Avant, aucune valeur. Pour moi, en tant qu'êtres humains, encore moins. -"

 Pentecôte 1927.                                           Abdruschin.

Mais la curiosité humaine est sans limite, et, cette fois, le questionneur veut savoir ce que Abdruschin dit de Jacob Lorber. En effet, certains disciples de Jacob Lorber ont aussi voulu voir en lui le Porteur de Vérité attendu:

QUESTION: Que dit Abdruschin de Lorber[1]?

RéPONSE: Ses œuvres, je ne les ai jamais lues, mais je sais qu'il devait être un préparateur-de-Chemin pour le Porteur de la Vérité. S'il s'est personnellement entièrement placé dans le Service de cette Tâche, les adhérents s'appliquent, pourtant, maintenant, à détruire cette mission, en partie joyeusement accomplie. Il voulait conduire les êtres humains chercheurs au-devant du Messager de la Vérité, mais pas lui-même être le Porteur de la Vérité. Beaucoup de ses adhérents, cependant, ferment leurs yeux et leurs oreilles à toute autre chose et tiennent ce qu'il a apporté pour ce qu'il y a de plus haut, de sorte qu'ils estimeront plus bas même les Messages du Porteur de la Vérité. Ils sapent ainsi la Tâche de Lorber et aussi son vouloir.»

Ce qui s’est ici produit avec Jacob Lorber n’a rien d’exceptionnel, car Abdruschin complète sa réponse en parlant aussi de l’Anthroposophie:

«Un tel phénomène n'est, toutefois, pas nouveau, mais il se retrouve, aujourd'hui, partout, qu'il s'agisse, maintenant, de Bahaï ou de l'anthroposophie, et de tous les mouvements restants de petit ou de grand style, de sorte que, pour beaucoup, il aurait été mieux qu'aucun précurseur ne soit venu. Heureusement, maints événements à venir seront assez vigoureux pour, aussi, lessiver au loin de tels dangereux égarements, et en cela mettre à nu la Vérité.

Les précurseurs pouvaient encore parler aussi distinctement que possible, cela n’empêche pas que les adhérents cherchent, dans leur aveuglement, toujours une fausse interprétation, et passent obstinément outre aux indications les plus nettes. Ils sont incurables, dans leur incapacité à accueillir simplement quelque chose, sans rien y changer, tel qu'il est. Toujours, ils essayent de donner des interprétations et des explications, dans lesquelles ils puissent faire valoir, encore en plus, leur propre lumière! Mais, peut-être, plus d'un sera-t-il encore secourable, grâce à une Reconnaissance survenant à temps, au cours de la détresse.» –

À un autre moment il est aussi questionné au sujet de Bouddha. Selon lui Bouddha n’est pas du tout à placer sur le même rang que que le Christ Jésus:

«Dans le Message d'un Envoyé de Dieu, le mouvement, cependant, va de haut en bas, et il est illimité! C'est pourquoi c'est, pour l'esprit humain, inhabituel. Il doit, pour pouvoir le saisir, faire plus d'effort. C'est pourquoi l'Enseignement de Bouddha n'est pas, non plus, un Message, mais seulement des Re-connaissances! Tout comme aussi chez les Théosophes ainsi que chez Mahomet. Tous deux, en tant que Préparateurs de Chemin pour la Lumière, ont parcouru le bon Chemin. Mais leurs paroles furent faussement interprétées par leurs adeptes, et donc mal transmises. – «Der Ruf» – Cahier 10-11-12.

La déformation des enseignements d’un Précurseur est, selon lui, une chose très courante:

«Cela caractérise aussi, de manière naturelle, le degré spirituel des adhérents concernés, leur possibilité de compréhension ainsi conditionnée par leur étroitesse. En plus de cela, s'y ajoute, encore, un certain fanatisme, qui est, de même, le signe infaillible d'un savoir uniquement partiel et restreint, et c'est précisément ce fanatisme qui, à son tour, rétrécit encore davantage l'horizon de la capacité de réception spirituelle, assombrit même souvent le reste, et produit des effets grotesques.

Celui qui observe tout cela tranquillement et remonte jusqu'à leur fondement, doit déjà en arriver de lui-même à ces déductions. Comme point de départ, il trouvera, alors, toujours, soit la restriction spirituelle, avec l'incapacité de compréhension qui s'y trouve liée, disons, l'incapacité d'une Recherche authentique, soit, au contraire, la liberté spirituelle à cet égard, qui possède, quant à elle, une croissante capacité de Réception et d'Ascension, dégagée du mal, pour l'humanité, que constitue la domination de l'intellect.

à ces deux pierres de base il peut, ensuite, avec facilité, vérifier et reconnaître le genre faux ou juste de la construction. La chose principale, en cela, est, naturellement, qu'il sache placer la sonde correctement, de façon tout à fait objective, impersonnelle, et sans prévention.»

Pourtant, pour trouver de l’information au sujet de l’Instructeur attendu il faut parfois beaucoup chercher, car rares sont ceux qui ont parlé de l’Instructeur des Mondes de sorte à ce que cela soit encore connu aujourd’hui. À ce sujet, précisément dans l’ouvrage «Dans la Lumière de la Vérité» de Abdruschin, Exposé 20, l’on peut voir qu’il annonce clairement l’arrivée d’un puissant Instructeur:

«Si s'élèvent, alors, en provenance d'une Partie de la grande Création, lors d'un dur tracas, souffrance et ardente supplication vers le Créateur, alors un serviteur du Vase [= le Saint Graal] est envoyé, pour, en qualité de Porteur de cet Amour, intervenir secourablement dans la détresse spirituelle. Ce qui, uniquement en tant que Récit ou Légende, plane dans l'Œuvre de la Création, entre alors, vivant, dans la Création! De telles missions, cependant, ne se produisent pas souvent. à chaque fois, elles sont accompagnées de transformations décisives, de grands bouleversements. Des milliers d'années s'écoulent, la plupart du temps, dans l'intervalle. Ceux qui sont ainsi Envoyés apportent Lumière et Vérité aux égarés, Paix aux désespérés, ils tendent, par leur Message, à tous les chercheurs, la main, ils rassemblent tous les croyants pour leur offrir un courage nouveau et une force nouvelle et les conduire, à travers toute ténèbre, vers le haut, vers la Lumière

«Ils viennent uniquement pour ceux qui aspirent à un secours de la Lumière, mais pas pour les railleurs ni pour les suffisants. Que la prochaine venue d'un tel Envoyé du Graal soit, pour tous les chercheurs, un signe pour se ressaisir puissamment pour le bien, le noble; car elle avertit de l'existence du jugement inexorable, qui, en tant que le Jugement Dernier, doit, un jour, arriver. Heureux celui qui, alors, ne demeure pas plus longtemps, à cause de l'entendement borné, attaché à la matière, afin qu'il puisse être élevé vers la Lumière!»

Dans un exposé 3, du même auteur, intitulé "Omnisagesse", au sujet du nouveau Savoir apporté par l’Instructeur, il est encore possible de lire ce qui suit:

«Lors de chaque Virage, le Créateur offrit aux esprits humains en cours de maturation de nouvelles révélations, jusqu'ici encore inconnues d'eux, et qui devaient servir à l'élargissement du Savoir, afin que leur esprit, grâce à ce Savoir élargi, devienne capable de s'élancer vers les Hauteurs Lumineuses, que, jadis, inconscients, ils quittèrent en tant que germes d'esprits. (…)

Les époques de tels Virages des Mondes étaient toujours en relation avec l'état de maturité correspondante de la Création. La Maturité de la Création était, au cours de son évolution, toujours tout à fait exactement atteinte, selon les Lois Sacrées de Dieu, mais les êtres humains dans la Création, se plaçaient, dans leur paresse d'esprit, bien souvent, de façon entravante sur le Chemin! (…)

Et voici que, maintenant, arrive un nouveau grand Virage, qui apporte aussi, avec lui, un nouveau Savoir! (…)

Il réside dans l'Activité de l'Omnisagesse que, à des époques de maturités tout à fait déterminées de la Création, aux esprits humains, soient toujours à nouveau données de nouvelles révélations de par l'Activité de Dieu.

C'est ainsi que, sur Terre aussi, jadis, aux temps originels, des Créés furent déjà envoyés, après que les germes d'esprits, au cours de leur lente évolution, eurent déjà transformé les corps animaux, choisis pour cela, en corps humains, ce qui allait main dans la main avec le devenir-conscient-de-soi spirituel dans le corps terrestre. C'était en des époques indiciblement lointaines, avant l'ère glaciaire, bien connue, de cette Terre!

Dans les tribus en cours de maturation, composées de germes d'esprits en cours d'évolution, aux Temps du Début, vint aussi, parfois, à s'incarner, ici ou là, un Créé, afin d'établir, par la Guidance, les liaisons avec le degré respectif suivant, de par l'indispensable aspiration à s'élever de tout le Spirituel. Ce furent, , les grands Virages au cours de l'époque initiale.

Ainsi, aujourd'hui encore, au moment du grand Virage des Mondes actuellement en cours, se présente l'absolue nécessité de l'élargissement du Savoir (…).»

Réflexions: Cet élargissement du Savoir est clairement apporté par l’Instructeur des Mondes annoncé. En annonçant un Instructeur les Théosophes avaient probablement capté une Notion spirituellement juste, et cette Annonce effectuée, apparemment au bon moment, par eux, était probablement voulue d’En Haut (les Guides Spirtuels), mais, après, lorsqu’il s’est agi de reconnaître l’Instructeur, c’est là où des divergences - génératrices de scissions - sont apparues, qui, à l’évidence, ont révélé le manque de clarté.

C’est ainsi que l’on a pu expérimenter que, vu ses déclarations contradictoires (une fois oui, une fois non) l’Instructeur n’était ni Krishnamurti («messianisé» malgré lui et mort d’un cancer du pancréas en 1986) ni Rudolf Steiner (mort prématurément de maladie en 1925), ni Jacob Lorber (qui n’a jamais dit cela de lui-même).

Pour avoir des précisions sur la fin de la vie de Krishnamurti, l'on peut utilement visiter ces pages de Marie Lutyens:

http://nous-les-dieux.org/Krishnamurti/Sur_Krishnamurti/Mary_Lutyens/Krishnamurti,_La_Porte_Ouverte/Mary_Lutyens_1989_La_porte_ouverte_11

http://nous-les-dieux.org/Krishnamurti/Sur_Krishnamurti/Mary_Lutyens/Krishnamurti,_La_Porte_Ouverte/Mary_Lutyens_1989_La_porte_ouverte_12

Extrait  du livre de Marie Lutyens:

"A la fin de sa vie, lorsqu'il sut, à coup sûr, qu'il avait un cancer, il dit à Mary, d'une voix lointaine: «Qu'ai-je donc fait de travers?», comme s'il n'avait pas donné au corps autant de soins qu'il aurait fallu."

Au sujet de l'état de son corps, à ce moment-là, il déclara:

"Mon cerveau est parfaitement clair. J'ai eu une très bonne... je n'entrerai pas dans le détail.: — je n'ai pas pu dormir, mais il y avait une merveilleuse méditation. Je voudrais m'en aller aussi vite que possible. Selon le médecin, cette chose grandit très rapidement. Je pourrais entrer dans le cycle de la morphine apaisant la douleur pour quelques jours, avant qu'elle ne reprenne. Mais, je ne veux pas de tout cela. Je vais demander au docteur s'il n'est pas possible de mettre fin à tout cela. Je doute qu'il puisse me répondre, mais c'est ce je voudrais lui dire. Tant que mon cerveau est clair, comme ce matin, je peux parler, aisément, comprenez-vous? Mais quand la douleur et tout le reste recommenceront, je ne serai plus capable de m'exprimer librement, ouvertement, facilement. C'est tout ce que je voulais dire."

Malgré le fait que son corps se trouvait alors dans ce triste état, il déclara:

"Tant que ce corps est en vie... je reste l'Instructeur. K [c'est-à-dire lui-même] est ici, comme sur l'estrade... Je reste à la tête de tout: des écoles, des Fondations... J'en suis toujours la tête. Je veux que ce soit très, très clair. Tant que le corps est en vie, K est ici. Je le sais parce que j'ai eu tout le temps des rêves merveilleux. - Non, pas des rêves, ce qui vient, quoique cela puisse être."

Mais le véritable Instructeur Mondial peut-il terminer sa vie en état de maladie? Voilà la question qui se pose ici, à chaque conscience.

Quelques jours seulement avant sa mort, survenue le 17 février 1986, en réponse à une question à lui posée, Krishnamurti (déclaration enregistrée au magnétophone) affirma:

"Je leur disais ce matin - pendant soixante-dix ans, cette super-énergie - non, cette immense énergie, cette immense intelligence s'est servie de ce corps. Je ne crois pas que les gens se rendent compte de l'énergie fantastique, de l'intelligence qui est passée par ce corps - un moteur de douze cylindres. Pendant soixante-dix ans - ce qui fait pas mal de temps - et maintenant, le corps n'en peut plus. Personne, à moins que le corps n'ait été préparé avec beaucoup de soin, protégé et tout cela - personne ne peut comprendre ce qui a traversé ce corps. Personne. Qu'ils ne prétendent pas le contraire. Personne. Je le répète: personne, parmi nous ni dans le public, ne sait ce qui s'est passé. Je sais qu'ils ne le savent pas. Et maintenant, après soixante-dix ans, c'est arrivé à son terme. Mais pas cette intelligence, cette énergie - d'une certaine manière, elle est là chaque jour et surtout la nuit. Après soixante-dix années, le corps n'en supporte pas davantage. Il ne peut pas. Les Indiens ont toutes ces fichues suppositions à ce sujet - que vous irez, que le corps va - tout cela n'a pas de sens. Vous ne trouverez jamais un corps comme celui-ci, ni cette suprême intelligence agissant dans un tel corps, non, jamais plus, pendant des centaines d'années. Vous ne verrez plus jamais cela. Quand il partira, cela s'en ira. Il ne reste aucune conscience après le départ de cette conscience-là, de cet état-là. Ils prétendront tous, ou ils essaieront d'imaginer qu'ils peuvent entrer en contact avec cela. Peut-être le feront-ils, plus ou moins, s'ils vivent l'enseignement. Mais personne ne l'a fait. Personne. Et voilà. C'est ainsi."

Cela montre que sur son lit de mort Krishnamurti avait encore une haute conception de ce qu'il était venu apporter sur la Terre. Bien sûr, intellectuellement, cela ne prouve rien en soi, ni dans un sens ni dans un autre, mais, pour chque quêteur, la question "L'Instructeur des Mondes - si c'est vraiment lui - peut-il mourir de maladie?" demeure...

Pour ajouter une importante pièce à conviction à ce dossier il est possible d'ajouter ici qu'à la lecture des témoignages déjà mentionnés plus haut et rappelés plus bas il est possible de voir que, aussi surprenant que cela puisse paraître, à la fin de leur vie, les deux principaux découvreurs du présumé Intructeur Mondial - soit Annie Besant et Charles Leadbeater - ne croyaient plus, ni l'un ni l'autre, que Krishnamurti était réellement l'Instructeur Mondial!

Toutefois, il est une Parole du Christ qui dit que l’«On peut reconnaître l’Arbre à ses fruits». Peut-être pourrait-on déduire de cela que c’est fondamentalement par Sa Parole et autres œuvres que l’Instructeur peut être reconnu.

Alors, s'il y en a bien un, - et s'il est vrai que les découvreurs du présumé Instructeur Mondial dans Jiddhû Krihnamurti n'y croyaient plus eux-mêmes, et aussi que le véritable Instructeur ne peut pas mourir de maladie - qui est donc l’Instructeur des Mondes? Comment est-il possible de Le reconnaître?

Bien sûr, Abdruschin, qui L’a clairement annoncé, a aussi été questionné à ce sujet, et voici ce que, à l’époque, dans sa publication «Der Ruf», il a répondu:

«Ici, Je peux encore répondre, avec le reste, à une question: Le Promis, à présent attendu par beaucoup, l'Instructeur des Mondes!

L'Explication à ce sujet surgit simultanément à partir de ce qui a déjà été dit, est étroitement liée avec.

"Instructeur des Mondes", Il ne s'appelle pas ainsi parce qu'Il doit instruire le Monde, ou que, peut-être, Il fonde une religion qui unisse le Monde, c'est-à-dire, dans un sens plus étroit, la Terre, ou, encore mieux dit, l'humanité de la Terre, ou bien qui domine la Terre, mais "Instructeur des Mondes" Il est appelé parce qu'Il explique le "Monde", parce qu'Il apporte l'Enseignement au sujet du Monde. Ce que l'être humain doit réellement savoir! Il enseigne à reconnaître l'"Univers", dans son activité auto-active, afin que l'être humain de la Terre puisse s'y conformer et que, par là même, l'ascension consciente lui devienne possible, dans la Reconnaissance des véritables Lois de l'Univers!

Il s'agit donc d'une Doctrine des Mondes, d'un Enseignement sur l'Univers, la Création. (…)

Pas un seul des faux prophètes, et aussi faux guides, aujourd'hui encore si nombreux, ne peut subsister en face de Lui. (…)

Faites attention à l'heure; elle sera plus proche que tous ne le pensent.»  ("Der Ruf", "L'Appel", Cahier 8 et 9.)

La question des questions

Où le lecteur a le souci de connaître la réponse à la question posée ou cela l'indiffère, mais une demi-mesure n'est pas possible.

Bien sûr, de nombreux lecteurs aimeraient sans doute que le présent article qui commence par une question tout à fait claire se termine aussi par une réponse tout aussi claire, du genre "Untel est l'Instructeur Mondial annoncé", mais en un tel domaine c’est la recherche personnelle qui vivifie l’esprit et permet à chacun - naturellement doté des facultés pour cela nécessaires - non seulement de vivifier son esprit mais aussi de parvenir à la Conviction, et l’auteur de la présente étude s’en voudrait de simplement nourrir la curiosité intellectuelle, dispensant ainsi ensuite l’esprit de chercher par lui-même, et aussi d'influencer le chercher dans une quête devant demeurer absolument libre. En cela, Krishnamurti a très certainement dit juste et son action déconditionnante pouvait et - à travers certains de ses écrits - peut encore contribuer à libérer les esprits afin qu'ils deviennent capables, en toute objectivité, de découvrir la Vérité par eux-mêmes.

C’est la question qui constitue la meilleure aide qui puisse être donnée, pas la réponse, car la réponse - si elle existe - chacun doit, pour lui-même, la trouver tout seul! Et, aussi longtemps que le dénouement final n’est pas encore intervenu, il n’est pas sûr, non plus, que la réponse de l’un soit la même que celle de son voisin!

Tout seul, chacun doit, avec son propre «Talent», découvrir si, oui, ou non, l’époque des années trente ou bien l’époque présente – ou bien les deux - est bien celle de l’Instructeur Mondial annoncé, et si, oui ou non, l’Instructeur est actuellement présent sur la Terre. Il n’y parviendra que par l’examen personnel intuitif et actif de ce qui se présente à lui.

Un complément d’aide pourra, éventuellement, encore lui être apporté, développant, selon la pensée humaine-logique, certains aspects ici seulement esquissés. À cette fin, il est éventuellement déjà possible de prendre contact en cliquant ici.


Grâce à différentes sources la présente étude a pu être rédigée:

Sources:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jiddu_Krishnamurti

http://www.krishnamurti-france.org/Biographie-detaillee-de-Jiddu

http://www.robotwisdom.com/jorn/krishnamurti.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jiddu_Krishnamurti

http://www.krishnamurti-france.org/IMG/pdf/Krishnamurti_Wikipedia_VF.pdf

http://nous-les-dieux.org/index.php?title=Sp%C3%A9cial:EmbedWindow&target=PDF%3ALa+Dissolution+de+l%27Ordre+de+l%27Etoile.pdf

http://nous-les-dieux.org/Krishnamurti/Sur_Krishnamurti/Ludowic_R%C3%A9hault/L'instructeur_du_monde,_Krishnamurti

http://nous-les-dieux.org/Krishnamurti/Sur_Krishnamurti/Mary_Lutyens/Krishnamurti,_Les_Ann%C3%A9es_d%27Accomplissement/Mary_Lutyens_1984_Les_ann%C3%A9es_d%27accomplissement_01

http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Webster_Leadbeater

http://fr.wikipedia.org/wiki/Helena_Blavatsky

http://www.hinduwebsite.com/divinelife/guru/jk/jk.asp (anglais)

http://theosophie.fr/5ba1-w-q-judge-livres-et-articles-disponibles-sur-le-site.php

http://sagesse-eternelle.blogspot.com

http://beautedelame.over-blog.com/article-l-instructeur-des-mondes-39108609.html

http://beautedelame.over-blog.com/article-l-etranger-39110007.html

http://www.appeldeshauteurs.net/enseignement/venueFilsdelHomme.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Message_du_Graal

http://oeuvre-de-abdrushin.over-blog.fr/7-categorie-11343240.html

Etc.

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[1] "Lorber": Jacob Lorber, musicien de métier, né et ayant vécu à Graz en Autriche, mais qui passa toute sa vie à écrire, dans un grenier, ce qu'il entendait avec sa voix intérieure. "Lorber" signifie "Laurier".


«Veillez donc, car vous ne savez pas quel Jour votre Seigneur va venir. Vous le savez: si le maître de maison connaissait l'heure de la nuit à laquelle le voleur va venir, il veillerait et ne laisserait pas percer le mur de sa maison. Voilà pourquoi, vous aussi, tenez-vous prêts, car c'est à l'Heure que vous ignorez que le Fils de l'Homme viendra.»  (Matthieu XXIV: 42-43-44).